Dans un autre article, j’ai abordé les critères diagnostiques du TDAH utilisés par les médecins. De façon générale, un enfant est diagnostiqué du TDAH s’il présente trois symptômes principaux d’inattention, d’impulsivité et d’hyperactivité. Cependant, ces derniers ne prennent pas en considération les différences particulières de chacun et ne servent donc qu’à étiqueter la maladie. Le trio formé par l’inattention, l’impulsivité et l’hyperactivité ne devrait pas être le seul élément sur lequel on se base pour déterminer si oui ou non votre enfant souffre du TDAH.

Dépister le TDAH implique plus que simplement vérifier si l’enfant présente des critères diagnostiques, car la maladie est aussi déclenchée par des facteurs environnementaux. Afin de traiter l’enfant avec une approche plus efficace et plus holistique, nous devons suivre plusieurs étapes afin de comprendre son historique, son environnement et son comportement.

La première étape (et la plus importante) consiste à apprendre à connaître l’enfant à l’aide d’un entretient étendu avec ce dernier et ses parents. Puisque chaque enfant présente des symptômes différents, à des degrés d’intensité différents, nous ne pouvons lui élaborer un plan de traitement efficace que si nous démystifions le tout. Lors de l’entretient, nous découvrons ce qui se passe dans la vie de l’enfant, les comportements influençant son intégration sociale et ses travaux scolaires, ainsi que son historique médical. Nous posons habituellement dix questions essentielles qui nous aident à identifier certaines des causes les plus communes du TDAH qui se rapportent à la grossesse de la mère et aux expériences de l’enfant lors de sa petite enfance. Ces questions se retrouvent dans le eBook gratuit que vous recevez lorsque vous vous inscrivez sur notre site web (voir la section « ressources » à la fin de cet article).

La deuxième étape consiste à définir précisément le comportement de votre enfant. Pour ce faire, vous pouvez utiliser des échelles comportementales (une échelle bien connue est l’échelle de Conner). Vous pouvez également trouver d’autres échelles gratuites sur le web. À notre clinique, nous utilisons une échelle appelée Child Behavioural Checklist (traduction libre : liste de vérification du comportement de l’enfant). Cette échelle est généralement utilisée par les professionnels de la santé et englobe à la fois l’école et la maison.

La troisième étape consiste à déterminer le profil neuropsychologique de votre enfant. Pour ce faire, nous le soumettrons peut-être à un test de QI ou tenterons de dépister des troubles d’apprentissage ou de la dyslexie.

La quatrième étape consiste à mesurer objectivement son attention et son impulsivité. Pour évaluer la capacité de l’enfant à bien fonctionner, nous employons un test appelé Test of Variables of Attention (TOVA), un test par ordinateur conçu pour mesurer les réactions d’un individu à des stimuli visuels et auditifs. Ce test nous permet de mesurer précisément la capacité de votre enfant à se concentrer et à maîtriser ses impulsions.

La cinquième étape consiste en un examen physique et neurologique complet. Un neurologue est formé afin de reconnaître et diagnostiquer les pathologies qui sont flagrantes. Par contre, il néglige souvent les différences neurologiques subtiles présentent chez les enfants atteints du TDAH. D’un autre côté, un chiropraticien formé en neurologie fonctionnelle effectuera une évaluation complète du système nerveux de l’enfant : l’évaluation de son équilibre avec la posturographie, de sa tonicité statique avec l’électromyographie de surface, l’observation du mouvement de ses yeux ainsi que des tests cérébelleux. En effectuant tous ces tests, nous obtiendrons le bilan complet du système nerveux et des fonctions cérébrales de votre enfant.

Deux autres tests neurologiques plus sophistiqués peuvent cartographier les problèmes du système nerveux de votre enfant. Toutefois, ils sont coûteux et ne sont pas à porté de main. Le test quantitatif EEG mesure l’activité électrique du cerveau sur le cortex préfrontal. Le cortex préfrontal des personnes atteintes du TDAH est moins concentré et moins alerte que la normale, comme l’indique l’activité des ondes thêta et béta. L’autre test est appelé SPECT. Il permet de mesurer avec précision les fonctions cérébrales et est accessible en cliniques grâce au travail du docteur Daniel Amen.

La sixième étape consiste à éliminer d’autres anormalités en effectuant des tests de base en laboratoire, comme des analyses sanguines et, parfois, des analyses d’hormones thyroïdiennes. Nous vous recommandons de faire analyser vos prises de sang par un médecin formé en nutrition, en médecine fonctionnelle ou environnementale, ou encore par un chiropraticien spécialisé en neurologie fonctionnelle. L’analyse sanguine de base devrait inclure un hémogramme, une analyse du taux de fer dans le métabolisme (une étude en France démontre que jusqu’à 75 % des enfants atteints du TDAH souffrent d’anémie et d’autres problèmes reliés au taux de fer dans le métabolisme) et une analyse du niveau de zinc.

La septième et dernière étape consiste en des tests fonctionnels avancés qui mesurent différentes fonctions corporelles. Afin de subir ces tests, vous devrez vous rendre chez un médecin holistique ou un chiropraticien, car ces derniers ne sont pas administrés par les médecins traditionnels. Ces tests sont conçus afin de découvrir si votre enfant présente des carences en acides gras essentiels, des allergies alimentaires et des intolérances, des éléments toxiques dans son système ou encore, des problèmes digestifs, pour n’en nommer que quelques-uns.

Toutes ces étapes peuvent sembler fastidieuses, mais souvenez-vous qu’il n’existe aucun test unique pouvant apporter un diagnostic complet du TDAH et déterminer les troubles exacts affectant un enfant. Simplement étiqueter le comportement de l’enfant et le traiter avec des médicaments ne fonctionnera pas à long terme. Votre seule chance de retrouver votre enfant est d’effectuer un examen complet qui identifiera les causes sous-jacentes du problème.