Diètes anti TDAH – Faible en sucres, forte en protéines

Afin de comprendre comment une alimentation faible en sucres et forte en protéines peut être bénéfique pour votre enfant atteint du trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité, nous devons discuter brièvement de la chimie du cerveau et de sa fonction. Le cerveau ne représente que 2 % de la masse du corps humain, mais il utilise jusqu’à 20 % de l’énergie produite par l’organisme. La plupart des cellules corporelles utilisent le gras comme carburant pour générer de l’énergie. Cependant, le cerveau ne peut qu’utiliser le glucose ou le sucre pour générer l’importante quantité d’énergie dont il a besoin. Au moins 50 % du sucre circulant dans le sang est utilisé par le cerveau comme carburant pour des fonctions supérieures, comme l’énergie nécessaire pour maintenir la concentration. À la différence d’autres cellules corporelles, le cerveau ne requière pas d’insuline pour absorber le glucose à partir du sang.

Manger un repas à forte teneur en sucres et en glucides déclenche la libération d’une grande quantité d’insuline, forçant les autres cellules de l’organisme à se procurer du glucose dans le sang. Ce phénomène diminue les niveaux de glycémie et prive le cerveau du carburant dont il a grandement besoin, nous donnant l’envie de manger plus d’aliments sucrés, ce qui élève rapidement la glycémie. Ce cycle de glycémie élevée suivie d’un crash est extrêmement nuisible pour le cerveau, qui requière un apport constant de glucose. D’un autre côté, un repas riche en protéines, combiné à des aliments faibles en glucides, produit une hormone appelée le glucagon, l’opposé de l’insuline. Un foie en santé peut emmagasiner assez de glucose pour maintenir un niveau de glycémie stable pendant huit à douze heures, même sans manger. Lorsque le glucagon entre dans le sang, il libère le glucose provenant du foie et élève le niveau de glycémie, ce qui est exactement ce dont l’organisme et le cerveau d’un enfant actif ont besoin.

Il est important de combiner une diète à la fois en riche protéines et faible en glucides. Cette distinction est importante, car si une grande quantité de sucres ou de glucides transformés est ingérée en combinaison avec une grande quantité de protéines, l’insuline qui sera libérée pourrait doubler comparativement à la quantité normalement produite si les glucides sont consommés sans protéine. Bien que les protéines puissent quand même stimuler la libération du glucagon, ce dernier sera complètement submergé par l’afflux d’insuline. C’est seulement lorsque les niveaux d’insuline dans le sang sont bas que les cellules corporelles préservent le glucose pour le cerveau et brûlent le gras pour y tirer l’énergie dont elles ont besoin.

Un autre avantage d’une alimentation riche en protéines : les protéines sont faites de « blocs de construction » appelés acides aminés, les substances utilisées par l’organisme pour fabriquer les neurotransmetteurs du cerveau.

Ceci étant dit, il a été prouvé que manger davantage de protéines et éviter le sucre aide les enfants à surmonter leur TDAH. En plus de causer une montée d’insuline, les glucides transformés contiennent généralement des additifs, des arômes artificiels et de la caséine, qui sont tous reconnus pour aggraver l’inattention, l’hyperactivité et l’impulsivité. Voici donc plusieurs conseils pour observer une alimentation faible en sucre et forte en protéines pour contrer le TDAH.

Dites adieu au déjeuner états-unien classique : les céréales et le lait. Les céréales sont principalement composées de sucres et de glucides, une mauvaise combinaison pour les enfants atteints du TDAH. Les céréales et le lait contiennent également de la caséine et du gluten, deux protéines qui peuvent s’avérer toxiques pour le cerveau lorsqu’elles ne sont pas correctement digérées. À la place, servez des œufs, de la viande et des rôties.

Encouragez votre enfant à boire beaucoup d’eau. Le coke, le thé glacé, le Gatorade, le Kool-Aid et les jus en poudre ne sont pas de l’eau. En fait, ces boissons sont principalement composées de sucre. Retirez les boissons sucrées de l’alimentation de votre enfant et encouragez-le à boire de 7 à 10 verres d’eau par jour.

Introduisez des glucides sains. Si votre enfant a besoin de glucides supplémentaires pour les sports, ne vous tournez pas vers les aliments transformés. À la place, donnez-lui des glucides à faible indice glycémique  comme le riz, les pommes, les patates douces, les bananes et les fèves. Ces aliments contiennent beaucoup de potassium, ce qui contrecarrera l’acidité parfois causée par les aliments riches en protéines.

Songez aux suppléments protéiniques. Vous pourriez acheter des boissons protéinées à votre magasin d’aliments naturels afin de compléter l’alimentation de votre enfant. Assurez-vous de bien lire l’étiquette et de ne choisir que les poudres qui ne contiennent que très peu de glucides et de sucres.

2 réponses à Diètes anti TDAH – Faible en sucres, forte en protéines

  • Zoziau dit :

    Âgée de 49 ans, atteinte du TDAH et après quelques années sous Ritalin – lequel soutient mais ne résout rien à long terme et a des effets secondaires ennuyeux – j’ai pour d’autres raisons de santé opté pour un régime à très bas taux de glucides et à très haut taux de lipides (régime cétogène ou LCHF strict).

    Mon régime alimentaire de base est composé principalement des aliments qui, théoriquement, sont bénéfiques en cas de TDAH : oeufs, viande et poissons gras, peu de produits laitiers hormis le beurre, la crème et le kéfir de lait maison (quotidien), des légumes à feuilles, très peu de fruits et de légumes-fruits, sauf avocat, extrêmement peu de légumes-racine des oléagineux, de l’huile d’olive, de coco, de lin, (70-80% des apports caloriques) mais surtout pratiquement aucun glucide, pas plus de 20g par jour y compris ceux des légumes, et seulement sous forme « naturelle ». Donc pas de sucrose et pas de fructose industriel, pas de féculents, pas de produits transformés. Pas d’alcool non plus. A noter que je n’ai jamais été accro à la junk food et n’ai jamais été un bec sucré. Je me suis sevrée de toute source de sucre sans même m’en rendre compte.

    En parallèle, arrêt presque complet de la Ritaline, que je ne prends que lorsque j’ai quelque chose à faire qui m’est inaccessible sans (genre faire le ménage, remplir des documents administratifs, etc.)

    Après une période d’adaptation, durant laquelle j’ai eu l’impression que ma dyspraxie avait augmenté et que je devenais « bête » – pensée ralentie, distance et quasi indifférence face aux événements – j’ai retrouvé mon acuité mentale (ou alors je ne me rends plus compte de ma bêtise !), mais mon TDAH, ce n’est rien de le dire, ne s’est pas amélioré, sinon dans son aspect « hyperactif ». Ma maison est dans un état effroyable, et le pire c’est que… je m’en fiche. Enfin non je ne m’en fiche pas, mais ça me dépasse à un tel point que je m’en détache. Je suis incapable de l’affronter. Je suis également plus maladroite, je me coupe plus facilement qu’avec la Ritaline (mais moins qu’avant la Ritaline, tout de même !).

    Alors soit je suis vraiment TDAH et le TDAH vrai ne peut se soigner en modifiant son alimentation (elle n’en est ni la cause, ni la solution), soit je ne suis pas TDAH et ce dont je souffre ne peut être amélioré par l’alimentation, soit d’autres facteurs entrent en ligne de compte et le changement alimentaire ne suffit pas à contrebalancer ces facteurs.

    Dans tous les cas, ça n’est pas la panacée ni LA solution.

  • Pierre Bernier dit :

    L’aspect alimentaire n’est qu’un des facteurs qui influence le TDAH. Les changements que vous avez fait sont fantastiques et évidemment ne sont qu’une partie de la solution pour vous. Dans mes années d’expérience je n’ai vu que rarement une seule solution à une problématique si complexe. Ce que je vous suggérerais c’est de faire vérifier certaines sensibilités alimentaires ainsi que certains aspects de la dysbiose intestinale. Je vous conseillerais également de faire vérifier l’aspect biomécanique de votre colonne vertébrale surtout au niveau du bassin, du cou, des os du cranes et de la mâchoire. De plus il y a peut-être d’autres correctifs où un professionnel pourrait vous aider d’un point de vue de neurologie fonctionnel par exemple. Si vous me dites dans quelle région vous réside,z j’essaierai de vous référer à quelqu’un qui pourra peut-être vous aider.

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